Les soi­rées du lun­di auront lieu à la Maison des Syndicats, 5 place de la Gare de l’État, 44000 Nantes, de 20h45 à  22h30, le lun­di 15 octobre et le lun­di 19 novembre, puis les 14 jan­vier, 25 février, 25 mars et 6 mai 2019.

ÉCRANS
IMAGES
TROUBLES

Les écrans sont omni­pré­sents dans nos vies depuis quelques années déjà. Beaucoup de nos gestes quo­ti­diens, de nos démarches admi­nis­tra­tives, passent par eux. Nos loi­sirs se vivent, se regardent et se trans­mettent numé­ri­sés, sur tablettes et smart­phones. Nos ami­tiés, nos amours, nos liens sociaux, sont trai­tés par des algo­rithmes conçus par des star­tups de la Silicon Valley ou d’ailleurs. Ni notre corps ni notre san­té n’échappent à ce trai­te­ment.
Pour la jeune géné­ra­tion — celle que nous rece­vons dans le cadre de nos pra­tiques, édu­ca­tives ou de soin – c’est un envi­ron­ne­ment fami­lier, presque natu­rel.
L’être numé­ri­sé que nous sommes deve­nus est celui de l’ère de la mon­dia­li­sa­tion. Nous voi­ci au temps de la révo­lu­tion numé­rique qui trans­forme les rap­ports sociaux, le rap­port au tra­vail et le rap­port à notre corps comme, en d’autres temps, la révo­lu­tion indus­trielle, en modi­fiant les modes de pro­duc­tion et de consom­ma­tion, a trans­for­mé les condi­tions de vie dans les pays déve­lop­pés.
Notre devoir de cli­ni­cien est de cher­cher à com­prendre ces muta­tions et leurs consé­quences, pour être en mesure d’opérer sur les symp­tômes qu’elles pro­duisent.
À par­tir des phé­no­mènes repé­rés dans la pra­tique, nous pou­vons déga­ger cinq trans­for­ma­tions essen­tielles qui méritent d’être inter­ro­gées par les pra­ti­ciens.
1. Le nar­cis­sisme de l’image de soi démul­ti­pliée sur les réseaux sociaux et ses effets sur la for­ma­tion de l’individu.
2. L’identification de masse — résul­tat de cette démul­ti­pli­ca­tion — qui rema­nie le pro­ces­sus d’identification et le lien à l’autre.
3. Les réper­cus­sions sur les iden­ti­tés sexuées, les rela­tions amou­reuses et la sexua­li­té.
4. La greffe à même le corps des appa­reils connec­tés qui pro­voque un nou­veau rap­port au corps et au monde.
5. Les satis­fac­tions immé­diates qui sup­pléent à la perte et au manque, avec leurs corol­laires : chute du désir, vide, ennui.

Nous sui­vrons un pro­gramme de six séances qui nous per­met­tra de cer­ner l’enjeu cli­nique lié à ces phé­no­mènes contem­po­rains en nous appuyant sur la pra­tique, sur nos lec­tures, et sur la psy­cha­na­lyse.
Nous serons ame­nés à révi­ser les notions d’imaginaire, de nar­cis­sisme et d’identification. Et à la lumière de ces nou­velles don­nées, nous recon­si­dé­re­rons la place du corps et de la sexua­li­té.
Nous exa­mi­ne­rons la place et l’apport d’une cli­nique orien­tée par la psy­cha­na­lyse pour répondre aux nou­veaux troubles sécré­tés par ces rema­nie­ments.
Face aux ques­tions d’identité, que posent ces nou­velles moda­li­tés du lien social rema­nié par le monde numé­rique, la réfé­rence au symp­tôme comme notre iden­ti­té la plus assurée1)Jacques-Alain Miller, « Le symp­tôme : savoir, sens et réel », in Le symptôme‐ char­la­tan, Champ freu­dien, Seuil, Paris, 1998, p. 55. sera notre bous­sole.

Alain Cochard
Nantes — sep­tembre 2018

Les soi­rées auront lieu à la Maison des Syndicats, 5 place de la Gare de l’État, 44000 Nantes

Lundi 15 octobre 2018
20h45 —  22h30
Salle E étage 2

Lundi 19 novembre 2018
20h45 — 22h30
Salle A étage 2

Puis les 14 jan­vier, 25 février, 25 mars et 6 mai 2019.

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Références   [ + ]

1.Jacques-Alain Miller, « Le symp­tôme : savoir, sens et réel », in Le symptôme‐ char­la­tan, Champ freu­dien, Seuil, Paris, 1998, p. 55.