Qu’est-ce au juste qu’un met­teur en scène ?
CAP a posé la ques­tion à Françoise Thyrion, Michel Valmer, Céline Grolleau, Nicolas Souville, Yves Arcaix et Maxime Kerzanet.

Photo de Céline GrolleauQu’est ce que, pour moi, mettre en scène ?
Finalement, comme le nom l’in­dique, faire jouer hors de moi ce qui m’a­nime deep­side, au plus pro­fond, faire rejaillir les « pro­blé­ma­tiques » les plus impor­tantes, indi­vi­duelles et col­lec­tives, pro­je­ter à l’ex­té­rieur ce qui se joue à l’in­té­rieur, mais qu’on ne com­prend, ni ne « mai­trise » vrai­ment, ce qui nous échappe, les rêves, le sens, la recherche. Une quête.
Je suis comé­dienne de for­ma­tion, mais j’ai l’im­pres­sion de « me » réa­li­ser plus dans le fait de mettre en scène, d’être à cet endroit vrai­ment « en créa­tion », en train de créer, de creu­ser, de construire Une Œuvre (unique et conti­nue, bien que mul­tiple) qui met­trait à nu ce qui se joue en moi, et, je l’es­père, en d’autres aus­si…
Le point de ren­contre des sen­si­bi­li­tés, des « incom­pré­hen­si­bi­li­tés » de cha­cun, ce qui nous meut… Tenter de se com­prendre, soi-même, sans fard, les autres aus­si de fait, faire pas­se­relle…
Pour l’ins­tant, j’ai créé à tra­vers deux mises en scène. Chaque fois, cela a deman­dé un temps de matu­ra­tion, de créa­tion, de réa­li­sa­tion.
Chaque fois, les textes m’ha­bi­taient depuis plu­sieurs années. Il y est ques­tion de femmes, de rap­ports de force, de trans-généalogie, d’o­ni­risme, de quête d’exis­tence…
Je tra­vaille énor­mé­ment la matière sonore et l’es­thé­tisme visuel. Je cherche tou­jours à m’é­loi­gner du réa­lisme pour faire de ces spec­tacles des rêves éveillés.
J’espère conti­nuer à creu­ser, à créer, du côté de ces mises en scène, car elles sont pour moi, de véri­tables réa­li­sa­tions per­son­nelles, quelque chose qui compte, qui imprime son empreinte.

Céline Grolleau
Nantes — mai 2017

Print Friendly, PDF & Email