La mai­son d’un écri­vain

Bureau d'Alain Nadaud — photo : Jacques Gysin

Bureau d’Alain Nadaud — pho­to : Jacques Gysin

Antre,
labo­ra­toire,
tour d’i­voire,
gueu­loir,
tanière,
refuge,
repaire,
cabi­net de tra­vail…

Métaphoriques ou non, les mots ne manquent pas pour dési­gner le lieu où un roman­cier com­pose ses oeuvres. Dans l’in­tro­duc­tion aux « Maisons d’é­cri­vains »1)Que sais-je ?, n° 3216, Édition PUF., Georges Poisson écrit : « L’intérêt que l’on attache à la décou­verte de la mai­son d’un homme célèbre, qu’il fût saint, homme d’État, chef de guerre, artiste, tient à la recherche d’une meilleure connais­sance de sa per­son­na­li­té. En décou­vrant le cadre où il a vécu, tra­vaillé, aimé, souf­fert, on s’ef­force de le com­prendre davan­tage et, par­tant, de le mieux célé­brer. Cette sorte de péle­ri­nage est par­ti­cu­liè­re­ment atta­chant dans le cas d’un écri­vain, homme ou femme, car la mai­son et son envi­ron­ne­ment semblent l’in­ter­mé­diaire obli­gé entre ins­pi­ra­tion et écri­ture… »

Maison d'Alain Nadaud et de Sadika Keskes — photo : Jacques Gysin

Maison d’Alain Nadaud et de Sadika Keskes — pho­to : Jacques Gysin

L’artiste Sadika Keskes, qui était l’é­pouse d’Alain Nadaud, reçoit fré­quem­ment dans sa mai­son de Gammarth, en Tunisie, de nom­breux invi­tés — parents et amis proches ou loin­tains. À deux reprises, et pen­dant plu­sieurs jours, j’ai pu appré­cier la géné­ro­si­té de son hos­pi­ta­li­té et ain­si ima­gi­ner la vie qu’a menée Alain Nadaud dans ce cadre pro­pice à la fois aux échanges et à la réflexion.

Mais, de la même manière que le décor d’une pièce de théâtre n’est que la toile de fond sur laquelle s’ins­crivent les pas­sions humaines, l’in­té­rieur d’une mai­son, son mobi­lier, les cou­leurs ne peuvent don­ner qu’une vague idée de l’es­pace où l’i­ma­gi­naire d’un écri­vain a pris son essor. C’est sur­tout en le lisant et le reli­sant qu’on se donne le moyen de connaîte un auteur et de lui rendre hom­mage. Où résiderait-il mieux, en effet, que dans ses livres et la mémoire de ceux qui le lisent ?

Quoi qu’il en soit, les photos2)Avec l’ai­mable auto­ri­sa­tion de Sadika Keskes. que l’on peut voir ici illus­trent le milieu où Alain Nadaud a vécu après son départ du Québec en 2002.

Plage de Gammarth en Tunisie — photo : Jacques Gysin

Plage de Gammarth en Tunisie — pho­to : Jacques Gysin

La plage de Gammarth où Alain Nadaud avait l’ha­bi­tude de pro­me­ner ses chiens, le bureau où il s’ins­tal­lait plu­sieurs heures chaque jour.

Sa biblio­thèque aux éta­gères dédiées : ici, la lit­té­ra­ture ancienne, là la lit­té­ra­ture mari­time de Conrad à Stevenson en pas­sant par Cecil Scott Forester dont Alain, lau­réat du prix Méditerranée en 1998, fai­sait ses délices, là des auteurs contem­po­rains de Pierre Michon à Jean Echenoz et Olivier Rolin ou Colette Fellous…

bibliothèque d'Alain badaud — photo : Jacques Gysin

Bibliothèque d’Alain Nadaud — pho­to : Jacques Gysin

Jacques Gysin
Paris — mars 2016

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Références   [ + ]

1.Que sais-je ?, n° 3216, Édition PUF.
2.Avec l’ai­mable auto­ri­sa­tion de Sadika Keskes.